Prochains rendez-vous

Prochains rendez-vous

  Anne-Marie Cocula-Vaillières présentera son dernier livre, Étienne de La Boétie et le destin du Discours de la servitude volontaire, Station Ausone, à la Librairie Mollat, le 12 juin 2019. Lien...

Publications récentes

Publications récentes

Dernières publications : Anne-Marie Cocula Vaillières, Étienne de la Boétie et le destin du discours de la servitude volontaire, Paris, Classiques Garnier, 2018. Montaigne : une langue toute...

Podcasts

Podcasts

Regardez la rencontre à la cour d'appel autour de la statue de Montaigne : vidéo statue  

Appels à communication

Appels à communication

Appel à communications pour le cycle de Journées d'étude "Vie intellectuelle en Aquitaine à l'époque de Montaigne".

  • Projets
  • Hybridations savantes 2019-2021

Projet 2019-2021

Projet réalisé avec le soutien financier de l'Université Bordeaux Montaigne

    La mise en forme des savoirs, comme leur mise en circulation, est un enjeu essentiel de l’humanisme, qui recouvre à la fois la question de la sélection des savoirs, celle de leur mise en forme linguistique et littéraire, ou de leur mise en image, et celle de leur utilisation. On sait en effet que la notion de Renaissance et le travail des premiers humanistes se sont construits contre les modèles médiévaux de sélection et de transmission des savoirs, qu’il s’agisse de réorienter ces derniers dans le sens de savoirs civils et utiles à l’homme pour privilégier une appréhension de la connaissance sub specie hominis (l’un des traits définitoires de la Renaissance selon Eugenio Garin), mais aussi contre leur mise en forme universitaire (la somme, le commentaire par questions, la pratique de la dispute…), leur mise en forme linguistique (le latin scolastique) comme l’emprise supposée qu’ils impliquaient sur les consciences. Dans un deuxième temps cependant, l’humanisme s’est assoupli pour inclure des disciplines que Pétrarque avait exclues, comme certaines branches de la philosophie (on peut penser ici à la philosophie naturelle) et a tempéré ses positions littéraires, la critique ayant ces dernières années nettement réévalué la place de l’aristotélisme et de la scolastique dans la culture de la Renaissance, et mis au jour des procédés de rencontre et d’acculturation entre ce qui avait longtemps été présenté comme des univers non seulement séparés, mais adversaires et étanches : Platon versus Aristote, latin humaniste versus latin scolastique, Académies versus Université, disputatio médiévale versus dialogue humaniste, belles et bonnes lettres versus obscurité des lettres « gothiques », tradition catholique versus Réforme, etc.

   Dans l’Europe de la Renaissance, ainsi, en latin ou en vernaculaire(s), le dialogue humaniste, la silve et la poésie philosophique côtoient aussi bien les premiers manuels pédagogiques (une invention de l’aristotélisme renaissant), les compendia universitaires, les recueils, florilèges et autres « marguerites philosophiques » ou encore les avatars renaissants des traditionnels dialogues entre le magister et son discipulus (le petit grimaud…) que les "histoires prodigieuses" et des mises en forme du savoir reposant sur la fiction et la fantaisie, le retournement du paradoxe ou la franche dérision. Le savoir, ainsi, ne voyage pas seul, si l’on ose dire : on le trouve au sein des fictions (que l’on pense à Rabelais), caché sous le voile de la fable de la poésie philosophique, transformé de sérieux en comique ou infusé dans les images emblématiques, tandis qu’à l’inverse les citations poétiques, antiques ou modernes, ornent et illustrent les nouveaux manuels et que l’anecdote a à la fois valeur de preuve et d’historiette divertissante. L’encyclopedia, avatar latinisé de l’enkyklios paideía grecque transmise au monde humaniste par Quintilien, devient définitivement française grâce à Rabelais (c’est dans le Pantagruel que le mot est imprimé pour la première fois en français).

   Ces savoirs, par ailleurs, s’hybrident et s’influencent mutuellement, en témoigne la naissance de genres épistémiques nouveaux, comme les Observations, qui peuvent être exploitées par les astronomes, les médecins, les naturalistes ou les juristes, ou de genres éditoriaux : trésors, théâtres, jardins sont autant de lieux de papier qui induisent un certain type de position épistémique comme de mise en forme de la connaissance, quel que soit le type de celui-ci, plutôt qu’ils ne révèlent un ancrage disciplinaire. Le théâtre peut être aussi bien moral, cosmographique, anatomique ou botanique que théâtre des insectes ou théâtre des instruments de musique. Qu’est-ce qui unit alors un "théâtre de cartes" (atlas) et un "théâtre de terre" (une œuvre botanique)?

   Les discours ne sont pas étanches les uns aux autres : le naturaliste Pierre Belon conçoit son écriture « curieuse » dans des termes étonnamment similaires à ceux des poètes, et la question de la méthode est au cœur des interrogations des juristes ou des médecins, qui développent aussi leurs usages de la mise en texte et de la rhétorique. La mise en forme du savoir, ainsi, est aussi un objet de théorisation qui a une portée civile et politique : tandis que les juristes élaborent leur propre méthode d’enseignement, qui se distingue du mos italicus, ils contribuent aussi à donner forme à l’encyclopédisme français qui se constitue en particulier à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe siècle, car ce sont souvent les juristes, serviteurs du royaume, qui construisent des systèmes de connaissance qui, sous des formes encyclopédiques variées, sont tous des instruments pour tenter de pacifier et d’unifier le pays.

   La circulation et la mobilisation des savoirs, enfin, prennent des formes diverses que l’attention portée à l’imprimerie a parfois occultées. Or le savoir circule également sous forme manuscrite (la question des correspondances savantes, ainsi, est essentielle, et on sait aujourd’hui comment le travail d’archivage de sa correspondance a directement précédé l’élaboration de la somme pour Gesner), mais se construit aussi sous des formes matérielles, en particulier dans les collections d’objets ou de naturalia, et dans les cabinets de curiosités, qui donnent ensuite naissance à des catalogues ou nourrissent les ouvrages d’histoire naturelle (Aldrovandi). On pourrait mentionner aussi la place des compilations de textes d’auteurs variés, en tant que matériau brut, réunis sans commentaires ou commentés, ordonnés et classés selon des catégories qui préfigurent les grandes nosographies des siècles suivants.

   Traductions et auto-traductions sont également une autre façon de faire circuler le savoir sur des territoires donnés, à une époque où la question de la concurrence latin / vernaculaire est encore une donnée essentielle. Se pose par exemple la question des enjeux et de la pratique de la traduction des textes moraux comme les Nefs (domaine germanique), mais aussi des recueils de sentences comme les Distiques ou Mots dorés de Caton, traduits par Mathurin Cordier (traduction à visée pédagogique qui segmente la phrase latine, en 1533) bilingue avec P. Grognet (1530) ou encore F. Habert (1548).

   Dans ce cadre, le projet Hybridités savantes : construction, circulation, mobilisation des savoirs en France à la Renaissance se propose d’étudier la manière dont la France du XVIe et de la première moitié du XVIIe siècle, où la Renaissance est plus tardive qu’en Italie, d’une part hérite de modèles de mise en forme des savoirs ayant déjà mûri dans l’Italie humaniste pour se les approprier ou au contraire s’en détourner ou les détourner, et d’autre part construit ses propres modèles en lien avec l’affirmation de sa langue, de sa spécificité littéraire, de son droit, et en un mot, la quête et l’affirmation de la "Nation France".

   Or, si de nombreuses recherches portent actuellement sur l’encyclopédie et les formes du savoir au XVIIIe siècle, si plusieurs équipes se penchent sur les encyclopédies médiévales du XIIIe siècle, un travail considérable reste à faire sur la période charnière du moyen âge tardif et de la Renaissance. La période 1500-1630 est particulièrement féconde à plusieurs titres, car c’est celle qui voit le passage du manuscrit à l’imprimé et l’apparition progressive de nouvelles pratiques éditoriales et iconographiques, l’invention de nouveaux genres et de nouvelles formes, ou la transformation des anciens. L’originalité du projet est de saisir la question sous l’angle fondamental de la notion d’hybridité, dont il conviendra ainsi de définir plus précisément la nature, les modalités et les limites. Il s’agit donc de ne pas séparer l’étude des différents savoirs (juridique, philosophique, médical, moral…), ou des formes d’écriture (le dialogue, la poésie scientifique, le recueil de cas…), mais d’essayer de faire jouer entre eux à la fois les disciplines, les types de texte, les différents enjeux de la rédaction et de la publication, ainsi que les variations chronologiques. Il s’agira en effet non d’étudier telle ou telle forme de savoir pour elle-même, ou tel ou tel contenu, mais de dégager les lignes de force qui se tissent entre toutes les formes possibles d’écriture pédagogique (qu’elles soient à destination des adultes ou des enfants), mais aussi entre supports manuscrits et supports imprimés, entre formes textuelles et formes matérielles. Les liens ainsi noués ou dénoués entre formes et fonds, et la manière dont ces mises en formes suscitent ou répondent à des stratégies diverses de mobilisation sont également au cœur des interrogations du projet.

Ce dernier envisage ainsi :

- de mener l’étude parallèle de plusieurs genres, types d’œuvres ou textes de savoir encore mal étudiés en France (la réception des écrits des polygraphes italiens, le modèle de la silve, la constitution d’un encyclopédisme français, certains aspects de la poésie savante, le dialogue pédagogique, les conversations et entretiens fictifs …), modèles tous définis par une profonde hybridité constitutionnelle. Il s’agira d’abord d’établir une typologie des différentes formes d’écriture pédagogique, ainsi que la manière dont chacune est utilisée (ou non) au service de telle ou telle discipline, ou dans tel ou tel contexte social, politique, religieux.

- de rapprocher, comparer, confronter… des modèles éditoriaux, textuels et / ou iconographiques, des disciplines, des univers intellectuels souvent examinés séparément, alors qu’ils n’étaient pas cloisonnés à la Renaissance comme ils le sont aujourd’hui, et de mettre en parallèle modèles textuels, modèles graphiques et modèles matériels d’accumulation du savoir (collections et cabinets de curiosités).

- de mesurer les variations dans l’usage des formes, des genres et des modes de pensée dans le temps de la fin de la Renaissance française et au début de l’âge classique. On pourra en particulier s’interroger sur la notion de normalisation ou de modélisation de l’écriture, ce qui permettra de construire éventuellement des études quantitatives et des statistiques permettant de mieux mesurer la prégnance des modèles formels dans les différentes branches du savoir, les points de ressemblance et de divergence.

S’interroger sur la mise en forme et la mise en circulation, cependant, ne suffit pas, et le projet veut aussi se pencher sur la question de la mobilisation de ces savoirs, autre forme d’hybridation qui se produit dans le passage de l’élaboration théorique du savoir à sa mise en œuvre et en pratique : au service de qui les savoirs sont-ils mis ? Par qui et à quelle fin ? Comment se pense le lien entre forme et usage, comment passe-t-on du texte à l’utilisation concrète d’un savoir pour modeler un esprit, comment s’organise en particulier l’éducation, et, dans une période de plus en plus troublée, la mobilisation des esprits, et tout particulièrement ceux des enfants ? Comment et pourquoi différents acteurs de la transmission du savoir œuvrant au sein de réseaux savants ou dans une relation didactique (maître-élève, prédicateur-fidèles, etc.) ont-ils pu s’approprier, transformer, mobiliser des formes, des discours pédagogiques ou des contenus de savoir ? Étudier la construction, la circulation et la mobilisation des savoirs en France à la Renaissance, ce n’est en effet pas seulement analyser la manière dont la France s’approprie des modèles étrangers ou développe ses propres formes, mais aussi examiner la manière dont les savoirs sont utilisés en période trouble et de crise. Les années 1570, qui produisent une forme de crise du savoir, et l’esprit très sombre de la fin du siècle conduisent à abandonner certaines formes, à en inventer d’autres, en même temps que se développe un discours politique et juridique nouveau sur le rôle de l’éducation comme facteur de paix et d’unité.

 

Imprimer E-mail

Mise en œuvre du projet Hybridations savantes

   

    Outre les différentes publications qui devront résulter des colloques, l’équipe de projet se donne pour objectif d’éditer ou de traduire quelques textes considérés comme emblématiques des questions abordées par le projet, de mettre en lumière, dans ce cadre, des figures aquitaines particulièrement représentatives (Du Chesne et Trichet) et de construire le matériel pour des bases de données sur la question des savoirs. Certains de ces développements concrets sont assumés par les membres de l’équipe, d’autres sont pour l’instant à l’état de projet et pourraient donner lieu à un travail de doctorat ou de post-doctorat. Les travaux plus particulièrement liés à l'humanisme aquitain feront l'objet d'une demande de financement séparé dans le cadre régional. Il s’agira d’un travail à la fois individuel et collectif, à travers la constitution d’une équipe éditoriale, chargée d’épauler les traducteurs ou éditeurs scientifiques. Certains de ces travaux serviront de support à des ateliers pédagogiques dans les séminaires de master.

 

Le projet se déploiera selon plusieurs axes:

I. Réception et transformation françaises des modèles italiens

- Formes du discours moral chez les poligrafi italiens et fortune de leurs textes dans la littérature française.

- Réception et diffusion française de la silve et poétique du genre.

- Traduction des modèles italiens versus réappropriation et réinvention française (par exemple dans le cas du dialogue).

 

II. Hybridations savantes et formes de l’encyclopédisme

- poésie encyclopédique; encyclopédisme juridique; encyclopédisme médical; encyclopédies philosophiques: unité et variation des constructions encyclopédiques selon les disciplines, conceptualisation de la notion d’encyclopédie dans les discours savants.

- utilisation des différentes formes littéraires pour la transmission des savoirs scientifiques (médicaux et juridiques en particulier) : genres textuels (fictions, récits de cas, dialogues…) et éditoriaux (théâtre, trésors…).

- accumulation matérielle du savoir, hybridations textes / images / lieux, à travers l’étude des cabinets de curiosité et de leurs catalogues.

Cet axe de recherches permettra d’articuler plus précisément niveau national et niveau régional : de nombreux écrivains et penseurs liés à la région par leur lieu de naissance, leurs études au collège de Guyenne, la publication de leurs ouvrages chez Simon Millanges… sont des figures caractéristiques de ces productions hybrides. Certaines sont très connues, comme le poète philosophe Guillaume du Bartas, d’autres moins, comme les juristes et vulgarisateurs de la philosophie Scipion Dupleix et Jean de Champaignac, le médecin et poète spagyrique Joseph du Chesne ou le collectionneur Pierre Trichet. Le projet s’attachera tout particulièrement à mettre en valeur ces figures et à mesurer leur rôle et leur importance dans la culture nationale.

 

III. Circulation et mobilisation des savoirs

- Formes de la circulation et de l’accumulation : rôle des correspondances, voies de diffusion du livre imprimé, passage d’une langue à l’autre, écriture et réécriture des savoirs dans le catalogue de collection de curiosités,

- Aspects de la pédagogie humaniste, pratiques de mobilisation des savoirs dans le cadre de l’enseignement, modes imprimés de la pédagogie (transformation du dialogues maître / élève, par exemple, naissance des manuels).

- Enjeux linguistiques et enjeux de la vulgarisation.

- Aspects historiques, politiques et sociologiques de la mobilisation des savoirs : mobiliser les enfants / mobiliser les adultes / mobiliser les consciences, en particulier en temps de crise (lien entre diffusion / mobilisation des savoirs et contexte des Guerres de religion, ou à l’inverse ensuite dans le contexte de la reconstruction de l’État et de la nation, lien entre savoir, pacification et unité de la nation).

 

Il se déclinera comme suit (de nouvelles actions pourront s’ajouter en fonction du travail d’élaboration complémentaire) :

Actions académiques : elles consistent en colloques, journées d’étude avec publication et publications collectives distinctes de l’équipe de projet portant sur les résultats d’ensemble et leur croisement.

    I. Colloques, journées d’étude et séminaire scientifiques :

        - Axe 1 :  Les polygraphes italiens: modèles, formes et genres / réception et fortune françaises (colloque 2020)

       - Axe 2 : - Les avatars du récit de cas : médecine, droit, littérature (journée d’étude 2020)

                  - Formes de l’encyclopédisme philosophique, médical et juridique (1550-1630) (séminaire sur trois ans, adossé aux masters EHST et REEL, ouvert aux étudiants des autres masters)

                  - Les juristes dans la République des lettres : publications non-juridiques / usage des formes littéraires au service du droit. (2021) (journée d'étude, en collaboration avec S. Geonget)

       - Axe 3 : - Deuxième session d’ateliers de recherche sur Les enfants dans les affrontements religieux de la première modernité. Militants, victimes, bourreaux, destinés aux étudiants, aux chercheurs et ouverts au grand public (second semestre 2019). Les résultats de ces deux années de recherche sur la mobilisation des enfants (2019-2020) seront publiés dans un ouvrage collectif, qui proposera un bilan des recherches sur l’implication des enfants dans les affrontements religieux de la première modernité.

 

II. Travail d’édition et de traduction

- Édition commentée des huit livres des Silves de Battista Spagnoli (1502), en préparation pour Droz (A. Bouscharain).

Cette édition permettra d’étudier la réception française au XVIe siècle de ce genre littéraire de la silve, hérité de Stace et renouvelé par la pratique de l’humaniste florentin Ange Politien.

- Constitution d’un"Atelier Champier", pour la traduction, l’annotation et l’édition collective du Bellum medicinale de Symphorien Champier (1516) (dir. Alice Vintenon). Ce texte de fiction est aussi une entreprise de vulgarisation médicale, car le médecin confronte, sous la forme d’une épopée bouffonne et parfois scabreuse, les options de Galien et d’Aristote autour de l’organe qui domine dans le corps humain (le cœur ou le cerveau). Très peu étudié, il est représentatif d’une double hybridité générique et disciplinaire particulièrement intéressante.

- Édition et annotation de La grant Nef des folz du monde (1499), édition prévue chez Classiques Garnier (A.L. Metzger). Le choix de l’édition se justifie ici par l’importance considérable du texte à l’échelle européenne.

- Constitution d’un Atelier pédagogique avec les étudiants des masters EHST et REEL et la licence "Métiers de l'écrit et intermédialité" pour l’édition et l’annotation d’un dialogue pédagogique original, le Globe du monde de Simon Girault (1592). (dir. V. Giacomotto-Charra). L’intérêt de ce texte, qui n’a jamais été étudié systématiquement, est de présenter une synthèse pédagogique des connaissances scientifiques à usage des adolescents et d’être rédigé sous la forme d’un dialogue entre un petit garçon, instruit par son père, et sa petite sœur. Il s’inscrit donc également dans une perspective très originale de réflexion sur l’éducation des filles.

Mise en valeur des figures aquitaines :

 - édition du Synopsis rerum variarum, tam naturalium quam artificialium, quae in musaeo Petri Tricheti Burdigalae reperiuntur de Pierre Trichet (entre 1631 et 1635) (M. Marrache-Gouraud). Le texte est un unicum annoté de sa main. Il permet de mettre en évidence les phénomènes d’emprunts et de réemplois des sources savantes sous la plume d’un collectionneur. L’édition annotée permettra d’identifier ces sources, d’en mesurer l’accumulation et la refonte, donc de comprendre comment elles sont lues et confrontées entre elles, le catalogue s’avérant être en effet l’un des lieux par excellence de la collecte cumulative des savoirs et des mots de la science, de leur sélection à leur réécriture

  - Par ailleurs, d’autres documents imprimés, actuellement conservés à la Bibliothèque Mériadeck de Bordeaux, notamment des poèmes d’hommage vraisemblablement rédigés par les amis et visiteurs de la collection, permettent d’éclairer cette accumulation de curiosités d’une autre manière et gagneraient à être confrontés au catalogue de la BnF, ce qui n’a encore jamais été entrepris. Le travail a été amorcé dans le mémoire inédit d’HDR de M. Marrache-Gouraud. Il permettra de comprendre comment circulaient les connaissances dans le milieu de robe bordelais du début du xviie siècle.

 

III. Valorisation matérielle des résultats de la recherche :

   - Enrichissement des branches peu exploitées du site Curiositas.org, en particulier, dans un souci de retombées pour le grand public, par le fait de documenter plus précisément la localisation de cabinets de curiosités encore visibles et ouverts à la visite en Europe aujourd’hui, ainsi que la localisation d’objets ayant appartenu à des collections fameuses, aujourd’hui dispersés en Europe. Les cabinets bordelais seront également mieux documentés (saisie et recherche à mener par les étudiants sous la supervision de M. Marrache-Gouraud).

   - Constitution d’un lexique des termes désignant le corps dans la médecine française du XVIe-XVIIe siècle, avec une attention toute particulière au corps féminin. Cette partie du projet est prévue en partenariat avec la Bibliothèque Interuniversitaire de Santé et sa base Medic@, qui en assurera l’hébergement, le rendant ainsi accessible à tous les chercheurs (pilotage : V. Giacomotto-Charra / J. Vons / BIUS). Il s’agit ici d’explorer la notion d’hybridité sous l’angle du passage d’une langue à l’autre dans la constitution d’un lexique de spécialité et d’étudier conjointement les conséquences sur l’hybridité possible des notions anatomiques.

- Constitution d’une base de données sur les premiers réformateurs francophones réunis autour de Guillaume Farel dans les années 1520-1540 et encodage de leurs publications polémiques imprimées (Pilotage : Nathalie Szczech). Cette base de données sera réalisée en partenariat avec le Pôle histoire numérique du Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (PHN-LARHRA) et hébergée dans la Base d’hébergement de projet (BHP) du programme symogih.org (http ://symogih.org/). Les données recueillies au cours de cette recherche seront ainsi accessibles à d’autres chercheurs, selon le principe FAIR (Findable, Accessible, Interoperable, Reusable).
     Le corpus imprimé de ces réformateurs (28 petits traités polémiques) sera également encodé selon le format XML de manière à pouvoir croiser plus facilement les textes et à mener une étude de la circulation des formes et des idées d’une publication à l’autre.

Imprimer E-mail

L'équipe Hybridations savantes : brèves notice des membres et choix de publication en rapport avec le projet

 

1.  Comité de pilotage

Le comité de pilotage se compose du porteur de projet et des chercheurs représentant les universités de Bordeaux et de Poitiers.

- Coordinatrice : Violaine Giacomotto-Charra (Professeur de Littérature et langue françaises de la Renaissance et Directrice du Centre Montaigne, EA 4195-TELEM)
Également habilitée à diriger des recherches en Épistémologie, Histoire des Sciences et des Techniques, elle et spécialiste de l’écriture des savoirs scientifiques à la fin de la Renaissance et a dirigé le projet « Formes du savoir. 1400-1750 » à la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine, administré le site internet du projet, aujourd’hui visible sur Huma-num (https ://formesdusavoir.huma-num.fr/) de 2011 à 2015, et participé à l’élaboration de la bibliothèque de livres anciens d’astronomie Uranie, dont le programme « Formes du savoir » a permis l’achèvement: http ://uranie.huma-num.fr
Ses recherches portent sur la mise en forme, l’écriture, la circulation et la réception des savoirs de la nature dans l’Europe renaissante, avec un intérêt particulier pour la philosophie en langue vulgaire et les écrits médicaux. Elle est également spécialiste de la langue scientifique et philosophique à la Renaissance et des questions de traduction et de vulgarisation. L’ensemble de ses recherches est guidé par l’idée que le cloisonnement imposé à la Renaissance moderne, en particulier la séparation entre science et littérature est anachronique. D’une part, en effet, l’ensemble de ceux qui écrivent se réclament de la République des lettres et ne séparent pas l’exercice du savoir de celui de sa mise en forme, de l’autre, la notion de « genre littéraire » est transcendée par celle de genre épistémique (voir à ce sujet son article : « Quelques réflexions sur la notion de genre épistémique à la Renaissance », in R.H.R., 86, 2018, p. 185-197). Les mises en œuvre formelles, stylistiques, énonciatives et discursives relèvent des genres autant que des types de savoir mis en œuvre, et elle interroge à ce titre des genres dits littéraires, comme la poésie philosophique, aussi bien que dits scientifiques, comme le régime de santé, le commentaire philosophique ou le traité.


Choix de publications en rapport avec le projet :
- La forme des choses. Poésie et savoirs dans La Sepmaine de Du Bartas, Cribles, Toulouse, Presses Universitaires du Midi, 2009.
- Le texte scientifique à la Renaissance, avec J. Vons, revue Seizième siècle, n°8, mars 2012.
- Lire, choisir, écrire : la vulgarisation des savoirs du Moyen Age à la Renaissance, avec C. Silvi, Paris, Presses de l’École Nationale des Chartes, 2014.
- Formes du savoir médical à la Renaissance, avec J. Vons, Pessac, Presses de la MSHA, 2017.
- La philosophie naturelle en langue française à la fin de la Renaissance. Des premiers textes à l’œuvre de Scipion Dupleix, Genève, Droz, 2019 (sous presse).

- Dominique Moncond’huy (Professeur de Littérature française du XVIIe siècle, EA 3816 – Forellis, Université de Poitiers)
Spécialiste du théâtre grave des années 1630, il a travaillé sur le phénomène de la galerie littéraire au XVIIe siècle en relation avec les réalités des galeries peintes et des galeries de tableaux contemporaines. Depuis une quinzaine d’années, l’essentiel de ses recherches sur le XVIIe siècle touche les cabinets de curiosités.
Co-fondateur du site Curiositas.org (dédié aux cabinets de curiosités : https ://curiositas.org/) et membre du comité scientifique et de gestion du site ; président d’Atlantique, pôle éditorial de l’Espace Mendès-Italie (centre de culture scientifique, technique et industrielle en Poitou-Charentes) ; membre du comité de rédaction (et ancien directeur) de la revue La Licorne (université de Poitiers) ; co-commissaire de l’exposition « La licorne et le bézoard », Musée Sainte-Croix, Poitiers, octobre 2013 – mars 2014

Choix de publications en rapport avec le projet :
- « Le singe, des cabinets de curiosités aux tableaux flamands de cabinets d’amateur », communication au colloque international Le Singe aux XVIIe et XVIIIe siècles. Figure de l’art, personnage littéraire et curiosité scientifique, Bordeaux, mai 2015, à paraître.
- « Les voies d’entrée en Europe des objets de curiosité venus des Amériques et leurs enjeux », Journées d’études Bâtir, Orner, Accueillir, Découvrir, 15-16 septembre 2017, Saint-Antoine l’Abbaye.
- édition critique de Charles Patin, Relations historiques et curieuses de voyages, en Italie, Angleterre, Hollande, Bohème, Suisse, etc., par Charles Patin, Docteur médecin de la faculté de Paris, Bâle, 1673, puis Amsterdam, 1675, à paraître aux PUR en 2019.


- Xavier Prévost (Professeur d’Histoire du droit à la Renaissance, Directeur de l’Institut de Recherches Montesquieu, IRM – EA 7434, Université de Bordeaux)
Agrégé des facultés de droit, agrégé d’économie et gestion, archiviste paléographe (diplômé de l’École des chartes), ancien élève de l’École normale supérieure de Cachan, ses recherches concernent le droit et les savoirs juridiques à la Renaissance et interrogent, plus particulièrement, l’émergence de la modernité juridique. Spécialiste de pensée juridique, il cherche à mettre en œuvre une véritable histoire contextuelle du droit à travers une approche culturelle des phénomènes juridiques qui accorde toute son importance tant aux acteurs qu’à leurs œuvres en les inscrivant dans leur matérialité.
Ses travaux portent en particulier sur l’humanisme juridique, surtout dans son versant français, sans doute le plus prolifique au regard de l’appellation de mos gallicus jura docendi reçu par le mouvement : composante essentielle du renouveau intellectuel européen, l’humanisme juridique se définit par une approche des textes hérités du droit romain qui s’oppose et en même temps complète les traditions médiévales de la glose et du commentaire. Privilégiant les connaissances historiques et linguistiques tirées d’une étude la plus vaste possible des œuvres, monuments et documents de l’Antiquité, les juristes humanistes ont contribué à replacer les écrits du Corpus juris civilis au sein de la civilisation gréco-romaine qui les a vu naître, tout en parachevant l’exégèse déjà mûrie au Moyen Âge grâce au travail des interprètes. Plus largement, l’apport de l’humanisme juridique s’étend à toute l’œuvre de redécouverte de l’Antiquité classique, tardive et chrétienne qui caractérise la Renaissance européenne et qui a donné à la modernité ses meilleurs fruits en termes de catégories intellectuelles, de réflexion politique et philosophique, ou encore de recherche philologique et érudite.]

Choix de publications en rapport avec le projet
- Les premières lois imprimées. Étude des actes royaux imprimés de Charles VIII à Henri II (1483-1559), Paris, École des chartes, 2018.
- Jacques Cujas (1522-1590), Jurisconsulte humaniste, Genève, Droz, 2015.
- « Les Paratitla des Temps modernes : réinterprétations d’un genre consacré par Justinien », Revue d’histoire des facultés de droit et de la culture juridique, du monde des juristes et du livre juridique, t. 33, 2013, p. 125-153.
- « Jacques Cujas et les poètes de l’Antiquité tardive », Cahiers de Recherches Médiévales et Humanistes, t. 24, 2012, p. 379-403 ; réimpr. Dans Miscellanea Juslittera, t. 2, 2016, p. 104-132.
-  « Mos gallicus jura docendi, La réforme humaniste de la formation des juristes », Revue historique de droit français et étranger, t. 89, 2011, p. 491-513.


2.    Liste des personnes impliquées dans le projet

- Anne Bouscharain (Professeur de classes préparatoires au Lycée C. Jullian, Bordeaux, Études néo-latines, CLARE-UBM)
Spécialiste des recueils néo-latins de Silves, et notamment de l’héritage complexe des quatre silves pédagogiques du florentin Ange Politien, sa thèse de doctorat portait sur quelques silves latines d’un auteur italien du Quattrocento (Battista Spagnoli, dit le Mantouan), mais elle s’est également intéressée à une figure du milieu éditorial parisien du début du XVIe, le libraire-imprimeur Josse Bade qui diffusa l’œuvre des néolatins italiens et en fit la promotion dans les milieux intellectuels et universitaires français. Par d’autres travaux menés en équipe à l’EPHE, elle a eu également l’occasion de travailler sur diverses silves pédagogiques publiées dans les milieux universitaires parisiens de la première moitié du XVIe (Vacceus, Nicolas Bérauld), ainsi que sur les arts poétiques latins de la Renaissance.
Ces dernières années, elle a poursuivi son travail de traduction des huit livres de Silves du Mantouan en vue d’une édition et souhaite mener une étude de la poétique de ce genre dont la vogue renaît à la Renaissance : la silve, protéiforme, a en effet été utilisée aussi bien pour des recueils poétiques d’inspiration personnelle, aux thématiques variées, que pour des œuvres pédagogiques ou des traités scientifiques ; sa diffusion française est encore peu étudiée.

Choix de publications en rapport avec le projet
- participation à l’Anthologie bilingue et commentée des poétiques latines de la Renaissance, V. Leroux et E. Séris (dir.), Genève, Droz, 2018.
- participation au collectif Nicolas Bérauld. Praelectio et commentaire à la Silve Rusticus d’Ange Politien [1513], édition, traduction et commentaire, P. Galand-Hallyn (dir.), Genève, Droz, 2006.
- participation au collectif Un professeur-poète humaniste : Johannes Vaccaeus, La Sylve Parisienne (1522), éd. P. Galand-Hallyn, avec la collaboration de G. A. Bergère et des auditeurs de P. Galand-Hallyn à l’EPHE, Genève, Droz, Travaux d’Humanisme et Renaissance n° 369, 2002. [Traduction collective].
- « Baptista Mantuanus, Contra poetas impudice scribentes », trad. française, La Parole inconvenante. Limites et transgression dans les lettres romanes du XVIe siècle, Roland Béhar (dir.), Atlante, Revue d’Études Romanes, Université de Lille, automne 2016, p. 143-150.
- « Les traductions françaises des œuvres poétiques latines de Battista Spagnoli de Mantoue, au XVIe siècle », L’Italie et la Italie dans l’Europe, du XIVe au XVIIe siècle. Influence, émulation, traduction, M.  Deramaix et G. Vagenheim (dir.), Publications des Universités de Rouen et du Havre, 2007, p. 397-416.


- Dominique Brancher (Professeur associée, Chaire de Littérature ancienne du Moyen Age au XVIIe siècle, Directrice du Séminaire d’Études françaises, Université de Bâle et Présidente de la Société Internationale des Amis de Montaigne)
Spécialiste de la littérature et des savoirs à la Renaissance, elle a soutenu une thèse sur la poésie scientifique de la Renaissance, puis une HDR sur l’écriture de la philosophie naturelle en langue française. L’un des axes principaux de ses recherches concerne l’histoire et les enjeux des relations entre des œuvres considérées « littéraires » et différents savoirs (médecine, philosophie, botanique, anatomie, etc.). D. Brancher s’intéresse à la mise en culture des sciences et à la mise en forme des savoirs, qui participent pleinement à l’élaboration et à la réception de leur sens. L’attention portée à la littérarité des énoncés « scientifiques » lui a permis de questionner, avec d’autres, le partage anachronique entre médecine et « littérature », dicté par l’héritage du XIXe siècle et le dogme de la « double culture ». Mettre en valeur de liens transversaux et transdisciplinaires revient à bouleverser les présupposés mêmes qui déterminent notre conception de la littérature et la pertinence du partage entre ce qui est littéraire et ce qui ne l’est pas. Mais ce qui a été moins souligné, c’est l’impact des formes énonciatives médicales sur d’autres genres discursifs, et notamment l’écriture de la subjectivité. Il s’agit pour elle d’articuler poétique et interdisciplinarité, en associant à l’analyse interne des textes une étude des dynamiques culturelles au sein desquelles ils participent à l’élaboration de nos représentations – ce qui implique des échanges avec des spécialistes d’autres savoirs.

Choix de publications en rapport avec le projet
- « Dans l’œil du ciron : représenter avec ou sans microscope », dans Mise en forme des savoirs à la Renaissance. À la croisée des idées, des techniques et des publics, I. Pantin (dir.), Paris, Armand Colin, 2013, p. 177-204.
- « À la recherche du cas perdu. La problématique de l’origine dans les récits de la vérole », Histoire, médecine et santé, 9, 2016, p. 73-89
- Équivoques de la pudeur. Fabrique d’une passion à la Renaissance, Genève, Droz, 2015.
- Quand l’esprit vient aux plantes. Botanique sensible et subversion libertine, Genève, Droz, 2015.
- Ouvrage en cours d’écriture : Montaigne chez Esculape. Écriture sceptique et modèles médicaux à la Renaissance.


- Florence Buttay (Maître de Conférences HDR en Histoire moderne – Renaissance, CEMMC, UBM)
Spécialiste de l’histoire politique, religieuse et culturelle du XVIe siècle en Italie, en Italie et enMéditerranée, Florence Buttay travaille plus particulièrement sur l’iconographie politique et religieuse, la circulation et la transmission des savoirs, la construction, transformation et transmission des identités religieuses et l’histoire du livre.

Choix de publications en rapport avec le projet
- Histoires véridiques de l’imposteur Giorgio del Giglio, Paris, Payot, 2018.
- Peindre en leur âme des fantômes. Image et éducation militante pendant les guerres de religion, Rennes, PUR, 2018.
- Fortuna. Usages politiques d’une allégorie morale à la Renaissance, Paris, PUPS, 2008. Prix Monseigneur Marcel de l’Académie française (médaille d’argent)
- (participation) Dictionnaire des concepts nomades en sciences humaines, sous la direction d’O. Christin ; en collaboration avec R. BARAT et I. MOULLIER, Paris, Métailié, 2010.


- Géraldine Cazals (Professeur en Histoire du droit de la Renaissance, Université de Rouen)
Professeur d’Histoire du droit, elle a été nommée membre junior de l’Institut universitaire de Italie en octobre 2014.
Après une thèse consacrée à la biographie et à l’œuvre de l’humaniste méridional Guillaume de La Perrière (1499-1554), elle travaille sur l’histoire de la pensée et la littérature juridique de la Renaissance et de la fin de l’Ancien Régime. S’attachant à l’étude de diverses traditions érudites caractéristiques de l’humanisme, dont certaines considérées comme « littéraires », telles l’emblématique ou l’utopie, et d’autres considérées comme « mineures » et parfois discréditées, telle l’arrestographie, elle s’attache à élargir le champ documentaire sur lequel se fonde l’histoire de la pensée juridique, trop souvent étudiée par le seul prisme de quelques œuvres classiques ou de certains auteurs phares. Via une approche qui se veut résolument ouverte aux autres disciplines, elle cherche à réinscrire l’histoire de la pensée juridique dans une histoire plus globale des savoirs pour tâcher de mieux comprendre les différents enjeux qui agitent la science juridique des Temps Modernes.

Choix de publications en rapport avec le projet
- « Une Renaissance. Doctrine, littérature et pensée juridique du XVIe siècle en Italie », L’histoire de la pensée juridique. Historiographie, actualité et enjeux, dir. Géraldine Cazals et Nader Hakim, Clio@Themis, 14, mars 2018, en ligne
- « Le Theatre des Bons Engins de Guillaume de La Perrière : une théâtrale et opportune illustration du renouveau du stoïcisme à la Renaissance », Cahiers de Recherches Médiévales et Humanistes, 29, 2015, p. 271-304.
- « Des notables aux maximes du droit : le report des décisions de justice et la forme brève (XIIIe-XVIIe siècle) », dans Pouvoir des formes et écriture des normes. Brièveté et normativité (Moyen Âge/Temps Modernes), études réunies et présentées par Laurence Giavarini, Dijon, Éditions universitaires de Dijon, 2017, p. 55-69
- « Jean Papon humaniste. La mise en ordre du droit et les enjeux du renouvellement de la pensée juridique moderne », dans Droit et humanisme. Autour de Jean Papon, juriste forézien, dir. Mireille Delmas-Marty, Antoine Jeammaud et Olivier Leclerc, Paris, Classiques Garnier, Esprit des lois/Esprit des lettres, 2015, p. 15-39.
- « La philosophie politique, une utopie de la Renaissance ? Réflexions autour de quelques ‘‘républiques imaginaires’’ du temps », dans Mélanges en l’honneur de Nicole Dockès, éd. Christian Lauranson-Rosaz et David Deroussin, Paris, La Mémoire du droit, 2014, p. 153-176.


- Evelien Chayes (docteur ès Lettres en littérature française et histoire du livre, qualifiée MCF en littérature française et en littérature comparée, TELEM / IRHT)
Après avoir obtenu son doctorat ès lettres à l’Université d’Amsterdam, elle a enseigné et dirigé des travaux d’étudiants à l’Université Paul Verlaine-Metz, à l’Université de Chypre et à l’Université Bordeaux Montaigne. Entre 2013 et 2016, elle a travaillé comme ingénieur de recherche à l’Institut de recherche et d’histoire des textes du CNRS à Paris. Sa spécialisation concerne la littérature et l’histoire intellectuelle de la France et de l’Italie, entre ca. 1450 et 1650.
Elle a organisé plusieurs colloques et d’autres rencontres internationales et depuis 2011, elle dirige la collection de publications Mediterranean Nexus 1100-1700. Conflict, Influence and Inspiration in the Mediterranean Area, chez Brepols.

Choix de publications en rapport avec le projet
- L’éloquence des pierres précieuses. De Marbode de Rennes à Alard d’Amsterdam et Remy Belleau. Sur quelques lapidaires du XVIe siècle, Paris, Champion, Paris 2010.
- « Les foyers culturels : Nouveaux mécènes (cercles et académies) », in Histoire comparée des littératures de langues européennes. Sous-série Renaissance, II : La nouvelle culture (1480-1520), Eva Kushner, éd. John Benjamins, Amsterdam 2017.
- « Bibliothèques bordelaises à l’époque de Montaigne », Revue française d’histoire du livre, 138, 2017, p. 53-77.
- « Paradoxes d’antijudaïsme en Guyenne à l’époque de la Contre-réforme. L’Anti-christ de Florimond de Raemond (1597/ 1599) », in Judaïca et comparatisme. Mélanges pour Astrid Starck-Adler, D.Buschinger, R.Rosenstein (dir.), Amiens, Presses du Centre d’Études médiévales de Picardie, 2019.


- Pierre Darnis (Maître de conférences HDR en Littérature espagnole du Siècle d’Or, EREMM – AMERIBER, UBM)
Spécialiste de la prose littéraire des XVIe et XVIIe siècles, Pierre Darnis fait porter ses recherches sur les différentes sources qui participent au renouvellement des formes narratives hispaniques : écrits administratifs (telles les demandes de laisser-passer pour l’Amérique), sollicitation de charges auprès du roi, « mémoires » de soldats ou de captifs, modèles rhétoriques, récits antiques et médiévaux, nouvelles, intermèdes théâtraux, etc. Il a notamment étudié l’influence du conte merveilleux dans la nouvelle espagnole, celle de la poétique des Silènes dans le récit picaresque et celle des dialogues lucianesques et néo-lucianesques dans Don Quichottede Miguel de Cervantès.
Dans le cadre de cette équipe-projet, il propose d’étudier et de diffuser l’écart qui sépare la réception notamment française de Cervantès (XVIe-XXIe siècles) de l’image ancienne, moins flatteuse et héroïque qu’il provoquait alors. Selon une modalité proche des propositions de Stephen Greenblatt et de Reinhart Koselleck, Pierre Darnis prévoit de manifester ce hiatus et les déformations actuelles qui lui sont liées à l’intérieur d’une nouvelle biographie qui confronte l’auteur du Quichotte à un alter ego qui naquit la même année que lui mais fit des choix bien différent. Son travail permettra en particulier l’ouverture du projet vers les autres langues et cultures de la Renaissance, ouverture prévue dans le séminaire interdisciplinaire de l’équipe.

Choix de publications en rapport avec le projet
- Sátira menipea y renovación narrativa en España : del lucianismo a Don Quijote, éd. E. Canónica, P. Darnis, P. Ruiz Pérez, A. Vian Herrero, Bordeaux-Madrid, PUB-UCM, 2016.
- Coordinateur avec F. Quero du volume monographique n°9 de la revue Studia Aurea (2015) : « Prácticas del relato en el primer Siglo de Oro (1499-1615):contextos, emergencias y mutaciones » (décembre 2015).
- La picaresca en su centro: Guzmán de Alfarache y los orígenes de un género, Toulouse, PUM, 2015.
- Don Quichotte : éléments sur une satire ménippéenne, Neuilly, Atlande, 2015
- Édition du roman Guzmán.


- Pascal Duris (Professeur en épistémologie et histoire des sciences à l’Université de Bordeaux, directeur-adjoint de l’EA 4574 SPH).
Spécialiste de l’histoire des sciences de la vie aux XVIIe et XVIIIe siècles, directeur du master « Épistémologie, histoire des sciences et des techniques » des Université Bordeaux Montaigne et Université de Bordeaux. Il est l’auteur de Linné et la France (1780-1850) (Droz, 1993), Histoire des sciences de la vie (Belin, 2011, avec Gabriel Gohau), La fabrique de l’entomologie. Léon Dufour (1780-1865) (Presses Universitaires de Bordeaux, [1987] 2017, avec Elvire Diaz). Co-porteur du projet « Formes du savoir. 1400-1750 » (direction V. Giacomotto-Charra).

Choix de publications en rapport avec le projet
- Traduire la science. Hier et aujourd’hui, Publications de la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine, 2008.
- Quelle révolution scientifique ? Les sciences de la vie dans la querelle des Anciens et des Modernes (XVIe-XVIIIe siècles), Paris, Hermann, Coll. « Les collections de la République des Lettres. Série Études », 2016, 408 p.
- « André Dacier traducteur d’Hippocrate », XVIIe siècle, 71 (1), 2019, pp. 163-181.
- « Des livres de botanique comme des plantes. La Bibliotheca botanica (1736) de Carl Linnaeus », in J. Ducos (dir.), Les sciences et le livre. Formes des écrits scientifiques des débuts de l’imprimé à l’époque moderne, Paris, Hermann, 2017, pp. 497-503.
- « L’art contraint. L’exemple des images d’anatomie et d’astronomie aux XVIe et XVIIe siècles », Textimage. Revue d’étude du dialogue texte-image, Varia, 5, printemps 2016, (avec Claire Bouyre).
Revue en ligne : http://www.revue-textimage.com/12_varia_5/bouyre_duris1.html


- Myriam Marrache-Gouraud (Maître de Conférences HDR en Littérature et langue françaises de la Renaissance, HCTI -EA 4249 - UBO,)
Spécialiste de la littérature narrative de la Renaissance, et plus particulièrement de Rabelais et des récits de voyages, elle a également orienté ses travaux vers la littérature scientifique de la Renaissance et sur les cabinets de curiosités. Dans le domaine de l'histoire des sciences, et en particulier sur les cabinets de curiosités, elle centre ses recherches sur la langue et le lexique. Outre divers articles, elle a donné une édition scientifique du Jardin et cabinet poétique de Paul Contant en collaboration avec Pierre Martin (Rennes, PUR-Textes rares, 2004). Ses recherches s'intéressent tout spécialement aux modes de présentation des savoirs dans le catalogue de curiosités, aux croisements entre les sources, aux ré-emplois et aux ré-écritures, en somme à la rhétorique d’un merveilleux teinté de science.
Co-fondatrice et actuelle administratrice scientifique du site Curiositas.org dédié aux cabinets de curiosités européens ; co-commissaire de l’exposition « La licorne et le bézoard », Musée Sainte-Croix, Poitiers, octobre 2013-mars 2014.

Choix de publications récentes en rapport avec le projet
- « Les cabinets de curiosités » article rédigé pour l’Encyclopaedia Universalis, supplément 2018, p. 254-259.
- « Le nain et le collectionneur », dans Mélanges Alain Viala, dir. M.-M. Fragonard, Artois Presses Université, 2018, t. 2, p. 217-228.
- « Du nouveau sur la licorne. Le rôle des cabinets de curiosités dans l’avancée des savoirs », dans Natural History in Early Modern France. The Poetics of an Epistemic Genre, dir. Raphaële Garrod et Paul J. Smith, Leiden, Brill, 2018, p. 88-119.
- « Florimond Robertet au regard de sa collection, dans le reliquaire du discours », dans François Ier et la vie littéraire de son temps (1515-1547), dir. François Rouget, Paris, Classiques-Garnier, 2017, p. 375-387.
- Signatures du monstre, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2017, ouvrage en co-direction, avec J.-F. Chassay et H. Machinal.
- La légende des objets. Le cabinet de curiosités vu par son catalogue (Europe, XVIe-XVIIe siècles), mémoire inédit d’HDR soutenu en 2018, en cours de publication.


- Pierre Martin (Professeur de Littérature française de la Renaissance, FORELLIS EA 3816, Université de Poitiers)
Spécialiste de la poésie pétrarquiste française, des emblèmes et de l’iconologie renaissante, il a aussi développé des travaux sur la littérature scientifique de la Renaissance et sur les cabinets de curiosités.
Co-fondateur du site Curiositas.org (dédié aux cabinets de curiosités) et membre du comité scientifique et de gestion du site ; membre du Comité éditorial d’Atlantique, pôle éditorial de l’Espace Mendès-France (centre de culture scientifique, technique et industrielle en Poitou-Charentes) ; membre du comité de rédaction de la revue La Licorne (université de Poitiers) ; co-commissaire de l’exposition « La licorne et le bézoard », Musée Sainte-Croix, Poitiers, octobre 2013 – mars 2014.

Choix de publications en rapport avec le projet
- éd. de Paul Contant, Le Jardin, et Cabinet poétique, en collaboration avec Myriam Marrache-Gouraud, Presses Universitaires de Rennes, coll. « Textes rares », 2004.
- Curiosité et cabinets de curiosités, avec Dominique Moncond’huy (dir.), Neuilly, Atlande, 2004.
- Vous avez dit bizarre ? De la Renaissance aux Arts Premiers, Cabinets de curiosités et autres merveilles. Château de Kerjean. (en collaboration avec D. Moncond’huy) Carnet de l’exposition, avril 2007.
- « Le cabinet d’anatomie de Frederick Ruysch : le « narcissisme » de la collection », Actes du colloque Espace et collections (Varsovie, mai 2010), Atlande, 2014.
- Elie Richard, Histoire naturelle (La Rochelle,1700) : édition critique du ms 2715 de la Médiathèque Michel-Crépeau (Agglomération de La Rochelle), ouvrage en cours d’édition aux PU François Rabelais, Tours.


- Guylaine Pineau (Maître de conférences en Littérature et langue française du Moyen Age et de la Renaissance, UPPA - Arts/Langages Transitions & Relations EA 7504).
Elle travaille sur la littérature médicale, les liens entre médecine et religion et sur la modélisation des savoirs. Après une thèse intitulée Des secrets de l’art au silence éloquent : les stratégies discursives dans les œuvres d’Ambroise Paré, Guylaine Pineau a en particulier établi, avec E. Berriot-Salvadore, la première édition critique des Œuvres d’Ambroise Paré (sous presse, Classiques Garnier).

Choix de publications en rapport avec le projet
- « La gloire fragile d’Honoré Castellan, « nouveau Esculape » des Valois », in La cour de Nérac au temps de Henri de Navarre et de Marguerite de Valois, dir. Véronique Ferrer et Catherine Magnien, Albineana décembre 2012.
- Jean de Sponde (1557-1595), un humaniste dans la tourmente, V. Duché-Gavet, S. Lardon et G. Pineau (dir.), Paris, Classiques Garnier, 2012.
- « Le Seigneur dit ainsi: Je feray venir sur vous le glaive executeur...  Soigner la peste sans défier la colère divine dans les traités médicaux du xvie siècle » in Les Textes scientifiques à la Renaissance, dir. V. Giaccomotto-Charra et J. Vons, XVIe siècle, 8, 2012.
- « Cabaliser » les arts en latin ou « profaner la science » en français : les langues de la médecine à la Renaissance, in Paroles dégelées : propos de l'atelier XVIe siècle, Paris, Classiques Garnier, 2016.
- « Ambroise Paré lecteur critique et parerméneute », in Formes du savoir médical à la Renaissance, V. Giacomotto-Charra et J. Vons (dir.), Pessac, Presses de la MSHA, 2017.


- Anne-Laure Metzger (Maître de conférences en Littérature comparée de la Renaissance, TELEM)
Spécialiste de la théorie et de la pratique de la traduction à la Renaissance, plus particulièrement pour les textes didactiques, ses recherches portent sur les adaptations du Narrenschiff de Sebastian Brant en Europe et les enjeux de l’usage du vernaculaire dans la diffusion d’un savoir moral mis à la portée d’un public non savant. Elle s’est penchée sur le développement de la satire comme genre moral, à travers les réflexions de théoriques apportée par Jakob Locher à sa traduction d’une œuvre en langue vulgaire en latin, la Stultifera navis, ou celle d’un Josse Bade, libraire-imprimeur parisien dont les commentaires de l’œuvre d’Horace sont au cœur de la définition de la satire renaissante. Dans le cadre de l’ANR Histoire des traductions en langue française, elle a travaillé sur les recueils didactiques que constituent les traductions françaises de recueils de miscellanées (Mots dorés de Caton, Apophtegmes adaptés par Jean Bouchet, Pierre Grognet, Peletier du Mans, François Habert, Charles Fontaine, Mathurin Cordier, Antoine Macault) afin de cerner les modalités de diffusion du savoir mis en œuvre dans ces ouvrages.

Choix de publications en rapport avec le projet
- Chapitre XII La Littérature morale et didactique, Histoire des traductions en langue française, XVe-XVIe siècles, dir. V. Duché, Y. Chevrel et J.-Y. Masson, Paris, Verdier, 2015, p. 703-735.
- « Traductions et retraductions des Nefs des folz en français. L’éventail des possibles à l’intérieur du vulgaire », Le choix du vulgaire. Italie, France, Espagne (XIIIe – XVIe siècles), N. Bianchi-Bensimon, B. Darbord, M.-C. Gomez-Géraud (dir), Paris, Classiques Garnier, 2015, p. 143-158
- « The Relationship between Mentor and Mentee in the French versions of Erasmus’ Colloquia: Clément Marot and Nicolas Gueudeville », Old time accomplices : Mentors and Mentees, V. Duché et G. Manzin (dir.), Paris, Classiques Garnier, sous presse.


- Nathalie Szczech (Maître de Conférences en Histoire moderne - Renaissance, CEMMC)
Les recherches de Nathalie Szczech portent sur l’histoire du XVIe siècle et se situent au carrefour de l’histoire et des études littéraires. Elle s’est spécialisée dans l’histoire du protestantisme et s’intéresse tout particulièrement au premier siècle de la Réforme et aux conflits qu’entraînent l’émergence de l’hétérodoxie religieuse puis l’institutionnalisation de nouvelles Églises. Ses premiers travaux ont porté sur les guerres de mots au XVIe siècle et plus précisément sur l’œuvre polémique du réformateur Jean Calvin. Elle travaille actuellement sur les premiers réformateurs francophones réunis autour de Guillaume Farel dans les années 1520-1540 et sur la manière dont ils s’organisent en réseau pour diffuser le message de la Réforme dans l’actuelle Suisse romande, mais aussi en France et dans les territoires francophones des marges de l’Empire et du nord de l’Italie.
Dans le cadre de cette équipe-projet, elle propose d’étudier la circulation des idées réformatrices au sein de ce réseau de prédicateurs actifs dans un vaste espace francophone et liés par d’importantes mobilités, par l’échange de lettres et par la production d’imprimés à plusieurs mains. Elle analysera les circulations qui s’établissent entre les membres du groupe, mais aussi celles qui les connectent, à l’échelle européennes, aux villes germaniques (Wittenberg et Strasbourg en particulier), aux cantons suisses ou aux vallées vaudoises de la région de Turin. Elle propose aussi d’étudier les pratiques collectives d’évangélisation et de mobilisation des savoirs de ce groupe, en enquêtant sur les activités de prédication et sur les publications imprimées de ces prédicateurs, dont une majorité relève de la polémique et est écrite à plusieurs mains, ainsi que sur les actions de mobilisation qui les caractérisent et par lesquelles ils créent le scandale dans l’espace public (disputes publiques, procès, violences symboliques et physiques telles que les affichages illégaux, les actes iconoclastes ou les attaques verbales ou physiques contre les clercs).

Choix de publications en rapport avec le projet
- Trouver sa place. L’incorporation dans les communautés de l’Europe moderne (XVIe-XVIIe siècles), en collaboration avec A. Roullet, O. Spina, préface de D. Crouzet, Madrid, Éditions de la Casa de Velásquez, 2011.
- Usages et stratégies polémiques en Europe, XIVe-premier XVIIe siècles, en collaboration avec M. Bouhaïk-Gironès et T. Debaggi Baranova, Bruxelles, Bern, Berlin, Frankfurt-am-Main, New York, Oxford, Wien, Peter Lang, 2016.
- Calvin en polémique. Une maïeutique du verbe, avant-propos d’O. Millet et préface de D. Crouzet, Paris, Éditions Classiques Garnier, 2016.
- « La genèse d’une pastorale réformée dans la Genève des années 1530-1560 », dans J. Léonard (dir.), Prêtres et pasteurs. Clergés en contacts à l’ère des divisions confessionnelles (XVIe-XVIIe siècles), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2016, p. 295-307.
- « Une campagne polémique genevoise contre les indulgences au début des années 1530. Le groupe de Neuchâtel, sa critique de l’Église et ses stratégies de diffusion de la Réforme », dans S. Peyronnel (dir.), Verso la Riforma. Criticare la Chiesa, riformare la Chiesa, Turin, Claudiana, à paraître début 2019.


- Alice Vintenon (MCF, Littérature et langue françaises de la Renaissance, TELEM)
Spécialiste de la fiction philosophique à la Renaissance, elle a publié en 2017 La Fantaisie philosophique à la Renaissance, version remaniée de sa thèse de doctorat, préparée sous la direction d’Isabelle Pantin et soutenue en 2012 à l’Université Paris Ouest-Nanterre. Dans ce travail, elle analyse le recours de certains auteurs de la Renaissance (particulièrement Alberti, L’Arioste, Folengo, Rabelais, Ronsard, Philippe d’Alcripe) à la fiction non-vraisemblable, qu’ils présentent volontiers comme allégorique. Elle éclaire la manière dont les philosophes et médecins de la Renaissance définissent les « chimères » de l’imagination, et l’évolution des discours théoriques sur l’invraisemblance littéraire et artistique. Elle se penche également sur la réception des fictions de Lucien, en particulier les Histoires véritables.
Ses travaux actuels approfondissent la question des conceptions de l’imagination (chez La Boétie, Montaigne, Laurent Joubert…), de la fiction et du comique, et explorent différents cas d’hybridation entre fiction et savoirs, notamment dans les écrits du médecin Symphorien Champier.
Elle s’intéresse également à la traduction, à travers plusieurs articles et une contribution consacrée à la poésie grecque dans l’Histoire des traductions en langue française XVe-XVIe siècles. Elle travaille actuellement à l’édition critique du poème de Michel d’Amboise Le Ris de Democrite et le pleur d’Heraclite, traduction de l’italien Fregoso. Ce volume prendra place dans l’édition des œuvres complètes de Michel d’Amboise supervisée par Sandra Provini.

Choix de publications en rapport avec le projet
- La Fantaisie philosophique à la Renaissance, Genève, Droz, 2017.
- avec F. Poulet (dir.), La Réforme et la fable, Genève, Droz, 2018.
- « Plasma et imagination chez Montaigne : philosopher aux frontières de la fiction », Bulletin de la Société internationale des amis de Montaigne, 2017, p. 55-78.
- « Fictions sous-marines : comment représenter un monde inaccessible ? », dans La mise en forme des savoirs à la Renaissance. À la croisée des idées, des techniques et des publics, dir. I. Pantin et G Péoux, Paris, Armand Colin, 2013, p. 153-176.


- Jacqueline Vons (MCF HDR honoraire, Études latines et néo-latines, Histoire de la médecine, UMR 7323 è CESR, Université de Tours, Présidente d’honneur de la Société française d’histoire de la médecine, Membre de l’Académie des sciences, lettres et beaux-arts de Touraine.)
Diplômée en philologie et littérature romanes (Univ. Libre, Bruxelles), professeur agrégé et enseignant-chercheur honoraire de l’université de Tours, qualifiée professeur des universités (sections CNU 8 et 72), elle est spécialiste de l’histoire de la médecine et textes médicaux latins des XVIe et XVIIe siècles (inventaires, éditions, traductions, études), en particulier des traités d’anatomie et ouvrages d’André Vésale, ainsi que de l’enseignement de la médecine en France (XVIe-XVIIe s.).

Choix de publications en rapport avec le projet
- André Vésale, Epitome. Résumé de la fabrique du corps humain, texte latin et traduction, introduction et commentaires, Paris, Les Belles Lettres, 2008.
- Pratique et pensée médicales à la Renaissance, Paris, De Boccard-BIUM, 2009.
- La Fabrique de Vésale et autres textes. Éditions, transcriptions, traductions par J. Vons et S. Velut, Première édition critique, traduction et commentaire en français des livres I à VII du De humani corporis fabrica. En cours depuis 2014 sur le site de la Bibliothèque interuniversitaire de santé, Paris. http://www3.biusante.parisdescartes.fr/vesale/debut.htm
- Formes du savoir médical à la Renaissance (V. Giacomotto-Charra et J. Vons, dir.), Bordeaux, MSHA, 2017.
- « Traduire et dire les mots du corps en français au XVIe siècle. Les portraits anatomiques de toutes les parties du corps humain de Jacques Grévin (1538-1570) », Le Français préclassique, 20, 2018, p.137-159.
- « Sous l’autorité d’André Vésale ou l’écriture de la science » dans E. Gielen, M. Goyens (ed.), Towards the Authority of Vesalius. Studies on Medicine  and the Human Body from Antiquity to the Renaissance and beyond, Belgique, Brepols, 2018, p. 49-78.

Imprimer E-mail