Publications récentes

Publications récentes

V. Giacomotto-Charra et S. Nony, La Terre plate. Généalogie d'une idée fausse, Paris, Les Belles Lettres, 2021. Anne-Marie Cocula-Vaillières, Montaigne 1588. L'Aube d'une révolution, Périgueux,...

Podcasts

Podcasts

Retrouvez la lecture commentée de l'essai "De l'amitié" par A.M. Cocula et V. Giacomotto-Charra, visitez la tour de Montaigne grâce au film de Denis Mollat, découvrez l'Exemplaire de Bordeaux des...

Appels à communication

Appels à communication

Consultez les appels à communications pour les colloque de 2022 sur "Les femmes dans les réseaux urbains de l'humanisme", "Les milieux du droit et de la médecine" à l'époque de Montaigne, sur le...

  • Archives
  • Archives Formes du Savoir
  • Axes

 

Genèse du projet :

L'idée de consacrer un travail au lexique scientifique de la Renaissance est né d'un constat tout simple : tous les chercheurs en histoire des sciences ou des savoirs membres de l'équipe aimeraient bien avoir à leur disposition un dictionnaire du latin et du français scientifique de la Renaissance. Malgré l'existence des volumes du Lessico Intellettuale Europeo, de nombreux termes, à commencer par scientiaratio ou experientia, présentent une importante variété de sens et sont utilisés de manières très différentes, selon les auteurs et les disciplines. Tout un pan du lexique savant, philosophique, mathématique, médical, météorologique... demeure à explorer, recenser, expliquer, illustrer, et traduire. En effet, chez un même auteur, même des notions apparemment "scientifiques", normalisées et définies, ne sont pas toujours désignées par le même mot. Il nous faudra donc aussi réfléchir aux traductions / déclinaisons multiples de certains concepts.

Une partie de l'équipe du projet "Formes du savoir"  s'est réunie en janvier 2011 pour commencer à réfléchir à la question. Un premier constat s'imposait : il est évidemment impossible de réaliser un dictionnaire, entreprise éminemment compliquée, éminemment longue, et qui demanderait bien d'autres compétences que les nôtres. Nous avons donc réfléchi à l'idée d'un travail sélectif. L'idéel serait la constitution progressive d'un Lexique raisonné, avec des entrées par mot, mais aussi par notion, avec des articles transversaux sur certaines questions et des articles à thème. La nécessité de faire des choix, de présenter des exemples, est ainsi clairement assumée.

Nous avons aussi évoqué la possibilité de numériser ou de transcrire certains documents, comme par exemple les préfaces des traductions scientifiques, afin de faire mieux apparaître les caractéristiques du discours de la Renaissance sur la question de la langue scientifique, sa genèse, sa complexité, les problèmes liés au bilinguisme et au statut du latin comme langue savante.

Il ne saurait donc être question d'un travail à prétention exhaustive, surtout dans le cadre d'un projet limité dans le temps. L'idée sur laquelle nous nous sommes arrêtés, afin de pouvoir mettre progressivement le projet en route, est que chacun travaille sur sa discipline : recensement des travaux existants, établissement d'une bibliographie, définition d'un champ de recherches réaliste et raisonnable en seront les premières étapes. Chacun pourra ensuite travailler en proposant une organisation en rapport avec son projet et sa discipline : article de fond sur un mouvement, choix de termes avec une notice, article transversal sur une notion.. constitueront progressivement un corpus de travaux qui permettront de mieux comprendre et connaître les différents domaines de la science et les mots qui les expriment, tout en proposant un parcours intellectuel dans des domaines très divers des sciences / de la scientia / des savoirs de la Renaissance.

Dans le cadre du programme aura par ailleurs lieu un cycle de journées d'étude consacré aux Mots de la Science, destiné à nourrir la réflexion sur les mots clefs et les notions transversales.

 

 

Les membres de l'équipe "Lexique" et leurs champs de recherches:

- Armelle Deschard: météorologie, système élémentaire et, dans un tout autre domaine, lexique de l'oenologie. Travail sur les lexiques et les dictionnaires.

- Susanna Gambina Longo: zoologie, botanique et stratégies de nomination chez les voyageurs, les ambassadeurs… qui ne sont pas forcément des savants (corpus vernaculaire italien).

- Brigitte Gauvain : poissons médiévaux.

- Violaine Giacomotto-Charra: philosophie de la nature (physique et météorologie)

- Magdalena Kozluk : vocabulaire lié à la théorie humorale. La notion de monstre et ses traductions lexicales.

- Catherin Lisak : vocabulaire scientifique appliqué dans les traités et manuels anglais (dont la question de la traduction ou du maintien des termes en langue anglaise).

- Roberto Poma : nosologie, pathologie. Maladie de la tête. Terminologie paracelsienne sur la physiologie, la pathologie et la thérapeutique.

- Sabine Rommevaux : lexique mathématique.

- Philippe Selosse : botanique : corpus vernaculaire français et véhiculaire néo-latin.

- Jacqueline Vons : anatomie humaine.

 

Imprimer

Publications pour le projet Verba

Afin de contribuer à nourrir le projet sur "les mots de la science", nous proposons ici des publications intéressant la question du lexique scientifique mais n'entrant pas dans le cadre des thématiques étudiées dans le cadre des journées d'étude en cours.

Jacqueline Vons, « Jacques Grévin (1538-1570) traducteur de Vésale. Questions de nomenclature anatomique »

 

 

 

Imprimer

 

LES MOTS DE LA SCIENCE /  WORDS OF KNOWLEDGE

Cycle de journées d’étude organisé par 
Violaine Giacomotto-Charra (Bordeaux, MSHA), Myriam Marrache Gouraud (Université de Bretagne Occidentale)

Workshops organised by V. Giacomotto-Charra (Bordeaux), Myriam Marrache Gouraud (Université de Bretagne Occidentale)

 

Présentation du projet

L’histoire des sciences et des savoirs à la Renaissance se heurte à un problème constant et profond : celui de l’exacte nature du lexique scientifique et de sa progressive inscription dans les différentes langues vernaculaires, à une époque d’importantes transformations linguistique, conceptuelles et scientifiques. Le lexique savant du Moyen Age, en latin comme dans les différents vernaculaires, est en cours d’étude, et celle-ci est bien avancée même si ce travail n’est pas achevé. Le lexique scientifique, devenu pour l’essentiel vernaculaire, est également mieux connu à partir de la période classique, durant laquelle certains mots clefs, comme celui d’expérience, par exemple, voient leur charge sémantique se stabiliser et se préciser. Mais la période 1450 – 1630, de la naissance de l’imprimerie à la dite « révolution scientifique », est une période d’entre-deux encore mal explorée, tant du point de vue de l’histoire des sciences et des savoirs que du point de vue du lexique savant qui sous-tend et incarne cette histoire. À titre d’exemple, le volume « Experientia » du Lessico intellettuale  ne comporte qu’un article consacré à la science renaissante, et qui traite de Paracelse, ce qu’on ne peut donc considérer ni comme exhaustif, ni comme représentatif.

Le projet d’un travail sur le lexique savant de la Renaissance est donc né d’un constat simple, fait par un ensemble de chercheurs littéraires, linguistes et /ou historiens des sciences et des savoirs venus de disciplines différentes (médecine, mathématiques, philosophie naturelle, zoologie, botanique…) : nous manquons d’outils performants pour comprendre ce lexique et savoir le lire. Dire même en quoi ce lexique est scientifique est en soit un problème à résoudre. Mais ce sont là des prémisses indispensables si nous voulons pénétrer les notions désignées par un vocabulaire complexe et mouvant sans risque d’anachronisme. Or rien n’est moins simple : en effet, les lexiques savants grecs et latins des textes antiques se retrouvent à la Renaissance, soit dans des efforts de translittération, de traduction et d’interprétation (au sens ancien) de ces mêmes textes, soit dans un contexte de diffusion des savoirs nouveaux pour lesquels des mots nouveaux n’existent pas. Plusieurs niveaux d’étude sont donc possibles et se superposent.

Il convient d’abord de nommer les realia mêmes. Dans le cas de simples nomenclatures techniques (les noms des os par exemple), on peut imaginer qu’un dictionnaire bilingue, voire plurilinguistique, suffirait, comme en ont produit quantité de lexicologues, de Rufus d’Éphèse à Steven Blankaart. En réalité, il faudrait encore s’assurer que ce qui est nommé correspond effectivement à ce que nous voyons aujourd’hui. Les « erreurs » commises par ceux qui ne connaissaient pas l’anatomie du corps mais uniquement les mots pour le dire sont un exemple suffisamment connu. Et la question se pose à l’identique pour toutes les catégories du savoir : comment voyait-on, nommait-on, classait-on dans l’ordre de la connaissance animaux, plantes, ou phénomènes météorologiques ?

Second temps, dans le cas de termes plus abstraits, pour désigner des notions, des paradigmes, des catégories – autant d’outils indispensables à une démarche scientifique – une simple traduction de mots s’avère impossible. Il faut en effet prendre en compte l’entourage textuel, le contexte intellectuel, la formation disciplinaire, voir « l’humeur » de l’écrivain et ses propres tentatives de définition et d’explication des termes qu’il utilise, en latin comme dans les langues vernaculaires.

Enfin, une dernière difficulté tient au choix des termes retenus pour notre enquête : les mots qui nous paraissent définir une attitude scientifique et que nous aurions tendance à considérer comme des « mots-clés » avaient-ils pour les auteurs de la Renaissance la même valeur que pour nous ? Autrement dit, il nous faudra, à terme définir les critères qui auront servi au choix des termes retenus.

 

Project Rationale

Historians of science and ideas are often confronted to major methodological issues when tackling Renaissance texts: what is the exact nature of the scientific lexicon and of its progressive reception in the various vernacular languages, at a time of profound linguistic, conceptual and scientific transformations? To date, modern scholars have mostly focused on the development of the scientific lexicon in the Middle Ages, stressing the importantce of the passage from Latin to the vernacular. Modern scholars have also studied extensively the history of scientific vocabulary in the period immediately following the Renaissance (17th and 18th centuries), when scientific terms (such as experience) started to be codified in the vernacular. In contrast, if one is to except a few isolated studies, no one has yet attempted to explore the development of the scientific and philosophical vocabulary during the period 1450-1630, from the invention of the printing press to the so-called scientific revolution. For instance, the volume devoted to “Experientia” published by the Lessico intellettuale Europeo includes only one article on the history of the term in the Renaissance, focusing mainly on Paracelsus.

There is to date no comprehensive study of the history, development and transmission of the scientific and philosophical vocabulary in the Renaissance. Our project “Les Mots de la Science/Words of Knowledge” seeks to fill this gab, by considering for the first time the exact and precise nature of Renaissance scientific terminology and the way in which this terminology developed over times. More specifically, the project intends to clarify the different stages of transmission of ancient (Greek and Latin) terminology, by distinguishing two different yet overlapping contexts: first, the transmission of ancient vocabulary (often, but not always, via medieval texts) through transliteration, translation and interpretation; secondly, the application of this terminology to new forms of knowledge (for instance?), which needed to find a vocabulary to conceptualise the objects.

The first part of the project will focus on the relationship between the objects of knowledge and the words applied to these objects. Here the scope is not simply to produce a bilingual or plurilingal dictionary, in the way lexicographers (from Rufus of Ephesus to Steven Blanckaart) have done. Our scope is rather to reflect on the extent to which the concepts themselves corresponded to the objects we see today. We know, for instance, that Renaissance scholars often used anatomical concepts to refer to bodily parts they had never seen. Our project thus intends to examine the ways in which Renaissance scholars envisaged, called, and categorised animals, plants, meteorological phenomena, within the order of knowledge.

The second part of the project will focus on the nature of philosophical concepts used to refer to abstract notions, paradigms or epistemological categories. Every modern translator of Renaissance texts knows that it is very difficult indeed, even impossible, to capture the full significance of Renaissance concepts in a modern language. The meaning of the concept is often determined by the text and the intellectual context in which it is used; conversely, its use often depends on the ‘mood’ of the author, the audience he/she addresses, or on the author’s own attempt to define the terminology he/she is using.

A third and crucial part of the project will be to question constructively the selection of Renaissance ‘keywords’ used in our investigation and examine the extent to which what we now consider as ‘keywords’ were equally considered as keywords by Renaissance authors.

 

Mise en œuvre du projet

Il s’agit donc d’un projet ambitieux, qui s’inscrit logiquement dans le programme de recherches « Formes du savoir », et qui annonce déjà un travail de plus longue haleine, en collaboration internationale. Il se distingue de celui du Lessico intellettuale en prenant en compte un aspect crucial du problème, jusqu’ici largement négligé par les chercheurs : le passage du latin aux langues vernaculaires. Le projet permettra donc de rendre compte du dynamisme de la philosophie et de la science renaissantes, ainsi que du dialogue presque constant entre les cultures latine et vernaculaire. L’un des points importants sera, par exemple, d’étudier la manière dont certains termes clés sont traduits du latin (ou du grec) vers le vernaculaire, et de voir si ce phénomène de translatio modifie ou non le lexique latin utilisé. Un autre point important est celui de la mouvance des termes, dans un univers intellectuel lui-même pluriel et en construction. Dans quelle mesure tel mot latin et son éventuel équivalent vernaculaire sont-ils perçus de manière identique ou non par les intellectuels ? À ce titre, un travail de comparaison sur l’utilisation de quelques mots clefs identiques par différents auteurs, ou dans différents milieux intellectuels, ou différentes zones géographiques, ou au sein de disciplines différentes, pourrait être tout à fait éclairant.

Sur le plan concret, il s’agit de réaliser, ou tout au moins commencer à réaliser, le dictionnaire dont nous aurions tous souhaité disposer au cours de nos recherches. Nous proposons aux chercheurs travaillant sur le projet de réfléchir à la pertinence d’un « lexique raisonné » dans leurs disciplines respectives, en établissant d’une part des listes de nomenclatures, et en s’interrogeant de l’autre sur un ensemble de mots clefs, et sur leur évolution historique. Plutôt qu’une exhaustivité difficile à atteindre, et tributaire de la disponibilité des chercheurs des disciplines concernées, la première étape collective sera ainsi la constitution progressive de ce corpus de mots clefs, donnant lieu à des articles longs, par mots aussi bien que, point important, par notions. On peut également envisager des publications séparées d’articles, selon un principe de même type que le Lessico intellettuale. Nous pourrons ainsi établir progressivement une base commune et transdisciplinaire de termes, avec la recension d’occurrences significatives et, si possible, la constitution d’un corpus de citations reflétant la diversité et la complexité de la science renaissante.

Pour aider à cette première étape, l’équipe « Formes du savoir » organise un cycle de journées d’études, intitulé « Les mots de la science à la Renaissance », qui se déroulera selon le calendrier suivant :

1ère journée : « Des noms du savoir et leurs avatars (science, savoir, curiosité, connaissance…) », en collaboration avec M. Marrache-Gouraud, 10 janvier 2014, Bordeaux (programme en ligne dans l'onglet "travaux", puis "journée d'études").

2 et 3e journée : « Visio, observatio, autopsia…», juin 2014, Université de Brest.

4e journée : « Theorica et practica  experientia /experimentum », en collaboration avec J. Vons, 17 octobre 2014, Bordeaux.

 

Pour unifier et offrir une certaine cohérence à ces journées d’étude, notre travail s’articulera autour de thèmes bien précis et de questions qui peuvent être envisagées à travers des études transversales de corpus ou au contraire des études sur un auteur / penseur particulier :

1) quelles sont les étapes significatives dans la constitution du lexique (changement de sens, fixation du sens des mots)?

2) y a-t-il un genre littéraire privilégié pour la constitution et la diffusion du vocabulaire scientifique?

3) le phénomène de traduction : la constitution du lexique scientifique vernaculaire s’appuie-t-elle sur des textes grecs, latins, ou les deux? Le passage en langue vernaculaire se fait-il de manière systématique et cohérente et influence-t-il le lexique latin ou grec d'origine? (s’agit-il d'une relation à un sens ou réciproque)?

4) Dans quel contexte historique (émergence de nouvelles classes sociales ?), idéologique (promotion des langues vernaculaires pour des raisons politiques) et religieux (s’agit-il de “christianiser” le savoir ?) traduit-on ? Qui traduit, pour qui et pourquoi ? Quel rôle jouent les universités, les académies, et les cours princières ou royales dans ce processus ?

5) Par quel travail du texte, à travers quels usages, se fixe ou se complexifie le sens d’un mot ?

6) Quel discours théorique, exprimé par exemple dans les préfaces et toute forme de paratexte accompagne ces évolutions ?

 

Project Outline

This project arises tangentially from issues explored in the research programme “Formes du savoir/Shapes of Knowledge”, and will ultimately lead to a large-scale, international project. Unlike the Lessico intellettuale Europeo, this project takes into account a crucial, yet hitherto unstudied, aspect of the development of the philosophical vocabulary in the Renaissance: the passage from Latin to vernacular languages. More specifically, the project will consider how, during the development, transformation and codification of Renaissance vocabulary, Latin and vernacular cultures were in constant dialogue. For instance, one important question will be to explore the way in which some keywords came to be translated from Latin (or even Greek) in the vernacular; it will also consider the extent to which this phenomenon of translatio modifies the nature and meaning of the Latin lexicon. Another important question will be whether a Latin keyword and its vernacular equivalent are perceived by Renaissance scholars as having the same meaning.

In the first instance, the project will explore these questions through a series of one-day workshops, on specific keywords, and centred around very precise methodological questions.

Imprimer

Les savoirs du vin en France de 1450 à 1750

 

Affirmer qu’il existe une culture du vin en France est une évidence. Il s’agit même en réalité de plusieurs cultures, en fonction des terroirs, de la manière de faire le vin, de la considération dont il jouit dans tel ou tel milieu, de la manière de le consommer. Les livres sur le vin sont multiples et vont de l’hagiographie à la condamnation, tandis que les arts figuratifs ont mis en valeur les couleurs des vins, ou au contraire ont montré les hideux effets de l’ivresse ; les traités techniques, autrefois réservé aux spécialistes, ont familiarisé le grand public avec le vocabulaire de la fabrication et de la conservation du vin. Symbole de longévité pour les uns, il est accusé de nuire à la vie par d’autres… « Beuvez toujours, vous ne mourrez jamais », écrivait Rabelais. Un siècle plus tard de jeunes docteurs en médecine s’interrogeront pour savoir s’il est vrai que le vin diminue la stature et réduise la vie de celui qui en boit.

Le projet « Les Savoirs du vin en France de 1500 à 1750 » se présente comme un volet original du projet Formes du savoir 1450-1750, dirigé à la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine par Violaine Giacomotto-Charra (Bordeaux 3) et Pascal Duris (Bordeaux 1). Il doit contribuer à l’ancrage d’un projet de recherche universitaire dans un patrimoine régional, tant matériel qu’immatériel. Sa mise en œuvre s’étendra de 2013 à 2015, en collaboration avec d’autres projets parallèles, comme l’axe de recherches dirigé par le Professeur Ana Binet (Bordeaux 3), consacrée aux « mots du vin », ou avec des institutions comme l’Institut de la Vigne et du Vin, la région et le futur musée du vin de Bordeaux.

 

Méthode

Le projet s’articule autour de trois axes majeurs :

1. Constitution d’une bibliographie de textes sources imprimés se référant explicitement au vin avec un dépôt trimestriel sur le site. Ce travail de recensement, qui n’a encore jamais été fait, est cependant indispensable si l’on veut distinguer culture savante et savoir pratique, œnologie et simple manuel. La question des langues (grec, latin savant et latin technique, français et occitan) sera déterminante. On retiendra aussi bien les traités des propriétés du vin, des moyens de le fabriquer et de le conserver que ceux détaillant les usages ou le service du vin. Une collaboration avec des musées pourra être envisagée (objets, tableaux). Un chapitre particulier sera constitué par les rapports entre le vin et la médecine (thèses de médecine, traités médicaux, régimes de santé).

2. Journée d’étude en janvier 2013 avec publication : « Les savoirs du vin à la Renaissance ».

Il s’agira d’examiner, à partir de quelques cas précis (traités, discours, libelli, quæstiones) la variété des formes d’écriture et de transmission des connaissances sur les vins entre 1450 et 1650 en Europe, en latin et en vernaculaire, et d’étudier plus précisément la place du vin selon les milieux, les âges, le genre (voir l’argumentaire précis de la journée d’étude).

3. Transcription, traduction et publication d’extraits et de documents prévues sur le site ou sur papier, afin de constituer un corpus de textes jusqu’ici peu connus ou peu accessibles.

Imprimer

Programme

 

 

 

 

Programme

 

Jeudi 10 janvier - 13h30-17h30 - Institut des Sciences de la Vigne et du Vin

13h15 - Accueil

13h30 - Armelle Deschard (Bordeaux 3) et Jacqueline Vons (Tours) : Présentation du projet De vino

13h50 - Violaine Giacomotto-Charra (Bordeaux 3 - MSHA): Introduction

14h15 - Laurent Paya (Montpellier): De la treille aux 'vignettements' : la vigne comme figure ornementale du jardin et des décors.

14h45 - Consolacion Baranda (Madrid) : La vigne et le vin dans l’Agricultura General de G. Alonso de Herrera (1513): le savoir-faire empirique et le savoir des Agronomes.

 

15h15 : discussion et pause

 

16h00 - Marthe Paquant (Lyon) : Fousser, ligotter, bignoter… le vocabulaire de la vigne et du vin chez Olivier de Serres.

16h30 – Jacqueline Vons (Tours) : Un tour de France des vins : J. Le Paulmier, De vino et de pomaceo (1589)

17h15 : discussion

 

Vendredi 11 janvier - 9h30 - 12h30 - Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine

9h30 - Magdalena Kozluk (Lodz): L’art de boire du vin dans les régimes de santé des XVIe et XVIIesiècles.

10h00 - Didier Kahn (Paris) : Paracelse, l'antimoine et le vin émétique.

10h30 - Denis Huë (Rennes) : Le vin à Rouen. La vigne et la Vierge, gouel et triballe.

11h00 : discussion et pause

 

11h45 : Conférence de clôture :  Grégory Chambon (Brest) : Bien avant la Renaissance... Le vin  à l’époque d’Hammurabi.

 

Téléchargez le programme

 

 

Comment se rendre sur les lieux de la journée ?

Pour l'ISVV : 210, chemin de Leysotte. Villenave d’Ornon.

Bus 87, « Parc Sourreil » (bus accessible depuis le tram B, arrêt « Arts et métiers » ou « Pessac centre »)

http://www.isvv.univ-bordeauxsegalen.fr/

Pour la MSHA : tram B, arrêt "Montaigne - Montesquieu" ou "Unitec".

http://www.msha.fr/

 

Résumés des interventions

Laurent Paya (Montpellier)

De la treille aux « vignettements » : la vigne comme figure ornementale du jardin et des décors

La vigne est au nombre des « choses » délectables cultivées au Jardin de plaisir renaissant. L’arbrisseau aux longs rameaux sarmenteux y est treillagé, « eschalassé » ou « marié aux arbres » pour ses fruits et son ombrage. A la façon des Pergula in vineis de Columelle, les tiges ligneuses sont conduites en auvents ou berceaux, simples ou doubles, grâce à des perches d’osier et des pilotis de chênes. Les cépages de « bourdelais » blanc et rouge conviennent à cet usage ; il est souhaitable de les associer sur un même ouvrage, afin de reproduire en hauteur l’assemblage bicolore des variétés d’œillets et de rosiers du jardin. À l’intérieur de la demeure ou à la surface des objets, les artistes tracent, peignent ou sculptent ces enroulements de thyrses et de pampres ; car dans la culture humaniste, la vigne revêt une « signification hiéroglyphique » que l’on « transplante » dans ses représentations décoratives. Ce sont les «vignettes » qui expriment la gaieté et l’abondance à toutes échelles, depuis les frises architecturales jusqu’aux motifs ornementaux des livres imprimés. Ce rapport de contiguïté a donné le mot « vigneter » qui désigne à la fois la technique de jardinage pour conduire la vigne en treillage et l’art de figurer des rinceaux d’ornement de vigne, d’acanthe, de lierre, ou de toutes autres plantes.

Consolacion Barranda (Madrid)

La vigne et le vin dans l’Agricultura General de G. Alonso de Herrera (1513): le savoir-faire empirique et le savoir des Agronomes.

L’Agricultura general est le premier traité agronomique de la Renaissance européenne rédigé en langue vernaculaire ; il a été traduit en italien, latin et français durant le XVIe siècle. Il est divisé en six livres, dont le second est consacré à la culture du raisin, la vinification et les propriétés du vin. Alonso de Herrera ajoute au savoir des autorités anciennes – latines, médiévales et arabes – les leçons apprises lors de ses voyages en Italie et en France, en développant aussi ses propres observations. Son but n’est pas l’innovation, mais l’amélioration des pratiques agricoles dans la Castille de son temps ; le résultat est un livre spécialisé et en même temps d’une qualité littéraire remarquable.

Jacqueline Vons (Tours)

Un tour de France des vins : J. Le Paulmier, De vino et de pomaceo, 1589.

La première partie du traité du médecin Julien Le Paulmier se présente sous la forme d’une petite encyclopédie du savoir et de la pratique œnologiques, qui n’est pas sans rappeler la méthode de Pline l’Ancien dans l’Historia naturalis : l’auteur énumère les différentes régions propices à la culture des vignes et analyse les qualités des vins qui y sont produits, qualités gustatives (âcreté, douceur…) et visuelles (couleur, blanc, rouge, noir, transparence, opacité…) essentiellement ; il décrit les modes de fabrication, la durée optimale de conservation, l’évolution des vins, les usages spécifiques et médicinaux des différents terroirs, dans un savoureux mélange de niveaux de langue où l’érudition le dispute au pragmatisme.

Marthe Paquant (Lyon

Fousser, ligotter, bignoter… le vocabulaire de la vigne et du vin chez Olivier de Serres

L'ouvrage d'Olivier de Serres, Le Théâtre d'agriculture et mesnage des Champs (1600) est le premier grand traité d'agriculture paru en France ; ses nombreuses rééditions jusqu'à aujourd'hui  (la dernière chez Actes Sud en 1996) sont la preuve de l'intérêt porté à ce grand traité qui pour la première fois s'éloignait des compilations copiant les agronomes de l'Antiquité. Les spécialistes de l'agriculture ou de l'agronomie ne sont pourtant pas les seuls lecteurs attentifs d'Olivier de Serres, il est abondamment cité dans la lexicographie de Cotgrave 1611 jusqu'au Trésor de la langue française. Le pourquoi d'une telle présence s'explique par l'originalité de sa langue, riche en nouveautés lexicales, françaises ou régionales, car il lui fallait rendre compte d'expériences inédites, décrire de nouvelles techniques, plantes, plantations ou nouveaux outils. Quand les mots n'existaient pas, il lui fallait les créer ou les emprunter. Cette richesse lexicale se retrouve-t-elle dans le vocabulaire spécifique à la vigne et au vin ? c'est ce que cette communication va tenter d'établir.

Didier Kahn (Paris)

Paracelse, l'antimoine et le vin émétique.

Pourquoi, quand et comment ? C'est à ces trois questions qu'on tentera de répondre pour replacer le plus précisément possible l'invention du vin émétique dans le contexte historique de la médecine paracelsienne.

Magdalena Kozluk

L’art de boire du vin dans les régimes de santé des XVIe et XVIIe siècles

Denis Huë

Le vin à Rouen. La vigne et la Vierge, gouel et triballe

La poésie du Puy de Rouen a souvent eu recours aux figures de la vigne et du vin pour exalter la figure de Marie Immaculée; mais l'originalité de sa démarche est de dépasser les figures attendues (tige de Jessé, Pressoir mystique) pour s'attacher à la matérialité de la viniculture et de la vinification, voire de sa distribution. Le lexique, les termes techniques servent un propos mystique, souvent lui-même mis en forme par la matière qui le représente: on explorera les informations et les implications de ces textes.

Grégory Chambon : conférence de clôture

Bien avant la Renaissance.... Le vin  à l’époque d’Hammurabi

 

 

 

Imprimer